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Saga de l'été: Épisode 2 — On n’est plus sur la même longueur d’onde

14 juil.
3 min de lecture



Au détour d’une conversation, une amie a lâché :

“Mon mari aimerait qu’on fasse l’amour comme quand on avait 20 ans. Régulièrement. Avec enthousiasme. Et moi, avec mes nuits hachées, mes bouffées qui me transforment en radiateur ambulant et mon corps qui traverse je ne sais quelle révolution hormonale, j’ai plus vraiment envie. Ni ce soir. Ni cette semaine. Peut-être pas ce mois-ci. Et je ne sais pas comment le lui dire sans qu’il fasse la gueule.”

Certaines ont rigolé. Parce qu’elles se reconnaissaient. Et quelqu’un a lâché un “ben t’as de la chance! Moi, mon mari ne m’a plus touchée depuis 6 mois”.

Et c’est là qu’on a réalisé qu’autour de cette table il y avait deux camps.

Celles dont le mari est encore demandeur et pour qui le simple fait d’entendre “tu viens te coucher ?” a un goût de question piège.

Et celles qui aimeraient bien qu’on s’intéresse un peu à elles et qui attendent un signe qui ne vient pas.

Deux situations opposées. Même malaise. Même silence.

Premier camp.

Lui qui veut encore. Régulièrement. Fidèlement. Et toi qui traverses une révolution hormonale et émotionnelle sans précédent, qui redécouvres ton corps comme si c’était celui d’une inconnue, et qui rêve juste depuis 20h d’être seule dans son lit avec une série Netflix et personne pour te toucher.

Pas ce soir. Pas cette semaine. Peut-être pas ce mois-ci. Non - merci - bonsoir !

Et lui il le prend pour lui. Forcément. Alors il se dit que c’est lui. Que tu ne le désires plus. Que quelque chose s’est cassé. Et il y a ces mots qui sortent parfois — tu ne m’aimes plus ou c’est quoi ton problème? — qui te dévastent parce que ce n’est pas ça du tout.

Alors tu dis oui pour éviter le conflit. Et tu es là sans être là. Et tout le monde est malheureux.

Deuxième camp.

Toi qui as encore envie. Qui aimerais être touchée, regardée, désirée. Et lui qui ne te touche plus.

Et ça, à la midlife, c’est un timing particulièrement mal choisi. Parce que c’est exactement le moment où on aurait besoin d’être regardée, touchée, rassurée que ce corps qui change est encore désirable. Juste une main. Un regard. Ce petit rien qui dit je te vois, tu es belle. Et il n’est pas là.

Lui aussi traverse quelque chose. Ses propres doutes sur son corps, ses propres peurs de ne plus être à la hauteur. Les hommes à la midlife portent ça en silence avec une pression de performance qui ne les quitte jamais vraiment. Alors il évite. Et toi tu prends son silence pour toi, comme si ton corps ne l’attirait plus.

Deux personnes qui souffrent du même malentendu. En silence. Chacune de son côté du lit.

Parce qu’il faut être honnête sur un truc.

Les hommes ne savent pas. Vraiment pas.

Ils ont vaguement entendu parler des bouffées de chaleur. Ils imaginent que ça arrive vers 60 ans. Ils ne savent pas que ça commence parfois à 40. Ils ne savent pas ce qu’est la périménopause, ce long tunnel qui peut durer des années avant même que les règles s’arrêtent. Ils ne savent pas que ça chamboule le sommeil, les émotions, la libido, le rapport au corps, l’humeur, l’énergie, que ça nous rempli de doutes.

Et ce n’est pas leur faute. Personne ne leur a dit. Ni leurs parents, ni leurs amis, ni leur médecin.

Mais si ce n’est pas nous qui leur expliquons, personne ne le fera à notre place.

Et pour celles qui attendent un signe qui ne vient pas, peut-être que le premier pas c’est de lui dire. Que ce corps qui change, ces rides qui s’installent, cette périménopause qui redistribue toutes les cartes, tout ça te rend vulnérable. Que tu n’as pas besoin de performance. Que tu as besoin d’être regardée. Touchée. Rassurée que tu lui plais encore. Que même si sa virilité traverse ses propres turbulences, une caresse, un regard, un geste qui dit je te vois, ça suffit. Ça compte énormément.

Et si cette conversation, maladroite, imparfaite, courageuse, était le début de quelque chose de nouveau entre vous ? Pas une grande déclaration. Juste des mots sincères. Autour d’un bon repas et une bonne bouteille. Entre deux personnes qui se connaissent depuis longtemps et qui méritent mieux que le silence.

la semaine prochaine, on parle de slow sex. Cette façon de ralentir, de ressentir, de se retrouver qui commence souvent par exactement ça. Se dire les choses.

Et toi? tu es dans quel camp ce soir ?

Con amor,

Sylvie 🌺



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