Saga de l'été: Épisode Bonus — L’art de se faire du bien
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Non.
La masturbation ne va pas faire tomber ton nez.
Elle ne va pas non plus te rendre sourde. Te couvrir de boutons. T’envoyer en enfer. Ni faire de toi une femme de mauvaise vie.
C'est ce que la morale bien-pensante nous a enseigné. Et si on en croit cette théorie, on vivrait toutes entourées de sourdes qui n’ont plus de nez. Ce qui expliquerait beaucoup de choses.
Alors parlons-en vraiment.
La masturbation, ce mot qu’on n’ose même pas prononcer à voix haute, est probablement l’une des choses les plus naturelles, les plus saines, et les plus mal vues qui soient. Surtout pour les femmes.
Parce que pour les hommes, on a toujours un peu fermé les yeux. C’est dans leur nature, disait-on. C’est normal pour eux.
Mais pour nous ? C’était la honte. Le péché. La marque d’une femme qui manquait de retenue. Qui avait des désirs inconvenants. Qui ne savait pas se contrôler.
La religion a fait un travail remarquable là-dessus. Des siècles de culpabilisation pour nous convaincre que notre corps et son plaisir étaient dangereux. Que le désir féminin devait être encadré, contrôlé, mis au service de la reproduction et rien d’autre.
Et on a intégré ça. Profondément. Au point que beaucoup de femmes n’ont jamais osé explorer leur propre corps. Jamais. Même seules. Même dans l’intimité absolue de leur chambre.
Et pourtant.
C’est souvent là, dans cette exploration solitaire, sans pression, sans regard extérieur, qu’on découvre quelque chose d’essentiel.
Ce qu’on aime vraiment. Ce qui nous fait du bien. Ces zones du corps qu’on ne savait même pas qu’elles existaient.
Et notamment — le clitoris.
Parlons du clitoris.
Parce que c’est l’organe du plaisir féminin par excellence et aussi le plus ignoré, le plus mal connu, le plus sous-estimé de toute l’histoire de l’anatomie humaine.
Figure-toi que la carte complète du clitoris n’a été publiée qu’en 1998 ? 1998. On avait marché sur la lune trente ans avant de cartographier correctement le clitoris.
Ce qu’on sait maintenant, c’est que le clitoris est bien plus grand qu’on ne le pensait. Ce qu’on voit à l’extérieur n’est que la partie émergée de l’iceberg. En réalité il s’étend à l’intérieur du corps, comme deux ailes de papillon de chaque côté du vagin. Il compte environ 8000 terminaisons nerveuses, deux fois plus que le pénis (et toc!). Deux fois plus. Juste pour le plaisir. Pas pour la reproduction. Juste pour ça.
La nature a bien fait les choses.
Et pourtant, on nous en a si peu parlé que beaucoup de femmes ne savent pas exactement où il se trouve. Ni comment il fonctionne. Ni ce dont il a besoin pour s’éveiller vraiment.
La masturbation c’est l’école du clitoris.
C’est là qu’on apprend. Sans pression. Sans performance. Sans avoir à expliquer quoi que ce soit à qui que ce soit.
C’est là qu’on découvre que le plaisir clitoridien — intense, profond, souvent plus accessible que l’orgasme vaginal — est à notre portée. Tout le temps. Sans avoir besoin de personne d’autre.
Et c’est souvent là aussi qu’on comprend comment le point G et le clitoris peuvent se rejoindre pour créer quelque chose d’encore plus intense. Parce que les deux sont liés anatomiquement: le clitoris interne entoure en partie le point G. Ce qui explique pourquoi certaines femmes trouvent la stimulation interne particulièrement puissante.
Et une fois qu’on sait, on peut partager. Guider son partenaire. Lui montrer. Transformer une sexualité où on attendait que ça se passe en une sexualité où on participe vraiment.
Ou alors — et c’est tout aussi valable — le garder pour soi. Parce que le plaisir n’a pas besoin d’être partagé pour être légitime.
Et là, parlons des sex toys.
Parce qu’on ne va pas faire semblant qu’ils n’existent pas. Les vibromasseurs, les stimulateurs clitoridiens, ces petits appareils devenus en quelques années aussi banals qu’une brosse à dents électrique, ils ont changé la vie de beaucoup de femmes.
Pas parce qu’ils remplacent quelqu’un. Mais parce qu’ils permettent d’explorer son corps avec une précision et une constance qu’aucune main — la nôtre ou celle de l’autre — ne peut toujours garantir. Parce qu’ils n’ont pas d’ego. Pas de performance à assurer. Pas de moment où ils vérifient si on a aimé.
Ils sont juste là. Pour toi. À ton rythme.
Et à la midlife, quand on commence enfin à se mettre au centre de sa propre expérience, c’est une option qui mérite qu’on en parle sans rougir.
Et si tu veux aller plus loin, il y a un livre que je ne peux pas ne pas te mentionner.
Jouissance Club de Jüne Plã. Une bande dessinée sur le plaisir féminin — le clitoris, la masturbation, les zones érogènes — illustrée, drôle, sans tabou et absolument révolutionnaire dans sa façon d’aborder le sujet. Et pour celles qui préfèrent quelque chose de plus discret sur leur table de nuit, il existe aussi en version cartes. Pratique. Élégant. Et terriblement efficace.
Alors voilà ma question pour terminer cette saga.
Est-ce que tu t’es déjà accordé ce temps-là ? Cette exploration sans jugement, sans honte, sans la petite voix de la morale bien-pensante dans la tête ?
Si non — c’est peut-être le cadeau le plus courageux que tu puisses te faire dès aujourd’hui
Ton corps t’attend. Il a des choses à te dire.
Et il est grand temps de l’écouter.
C’était le dernier épisode de Sweat, Sun & Slow Sex. Merci de m’avoir suivie tout l’été dans cette saga un peu folle, un peu maladroite, complètement nécessaire.
Et toi, qu’est-ce que tu retiens de tout ça ?
Con amor,
Sylvie 🌺

































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