Saga de l'été: Épisode 3 - le slow sex c'est quoi ce truc?

Il y a quelques mois, j’écoutais un podcast comme souvent, un écouteur dans l’oreille en faisant autre chose, quand j’ai entendu parler de slow sex pour la première fois.
Et honnêtement ? Ma première réaction c’était : c’est quoi encore ce truc ?
Mais quelque chose m’a titillée. Cette idée de ralentir, de sortir de la performance, de réinventer complètement la façon de faire l’amour. J’ai voulu en savoir plus. J’ai creusé. Et plus je creusais, plus j’avais cette sensation qu’on a rarement, celle de tomber sur quelque chose qui répond exactement à une question qu’on n’avait pas encore formulée.
Je ne suis pas experte. Je n’ai pas de certificat encadré au mur. Et mon partenaire n’est pas au courant que j’écris cette lettre, ce qui en dit déjà long sur le sujet.
Alors je t’en parle. Entre nous. Comme je te partagerais un découverte autour d’un verre de rosé.
Le slow sex c’est quoi exactement ?
C’est une approche de la sexualité qui dit — et ça semble simple mais c’est révolutionnaire — et si on ralentissait ?
Pas un peu. Vraiment. Radicalement.
On sort du modèle qu’on nous a vendu depuis toujours : le désir qui s’emballe, la montée en puissance, l’objectif final, la performance, le chrono. Et on entre dans quelque chose de complètement différent.
La présence. Le toucher. La respiration. La connexion avec l’autre, avant même que quoi que ce soit d’autre se passe.
Diana Richardson, qui est un peu la grande prêtresse du slow sex et qui a écrit Le Slow Sex traduit en français, parle de faire l’amour à partir du cœur plutôt que des parties génitales. Je sais. Dit comme ça ça peut faire lever les yeux au ciel. Mais laisse-moi continuer.
Ce qui m’a frappée dans cette approche c’est qu’elle ne demande pas de performance.
Pas d’objectif orgasmique. Pas de “finir” quelque chose. Pas de case à cocher.
Juste être là. Dans son corps. Avec l’autre. Et ressentir ce qui se passe.
Le toucher qui prend son temps. La peau qui s’éveille lentement. La respiration qui se synchronise. Ces zones du corps qu’on n’explore jamais parce qu’on est déjà en train de courir vers une zone où on sait que ça fonctionne.
Et c’est là que ça devient vraiment intéressant pour nous les femmes à la midlife.
Parce que le slow sex crée quelque chose qu’on n’a souvent jamais vraiment eu : le temps et l’espace pour guider. Prendre la main de son partenaire — littéralement — et lui montrer ce qui nous fait vraiment du bien. Ces zones érogènes qu’on n’a peut-être jamais osé lui indiquer. Ce clitoris dont on a longtemps ignoré jusqu’à l’existence — et lui aussi d’ailleurs, soyons honnêtes — et qui est pourtant la clé de la grande majorité des plaisirs féminins.
Parce que les hommes ne savent pas forcément. Personne ne leur a appris non plus. Et dans une sexualité qui va vite, on n’a jamais vraiment pris le temps de leur montrer.
Le slow sex crée exactement cet espace-là. Celui où on peut dire doucement, sans pression, presque en jouant. Oui . là. C’est ça. Continue.
Et ce qui est intéressant, c’est que le slow sex ne dit pas non à la pénétration. Il dit juste que ce n’est pas le but. Que si ça arrive c’est dans un contexte de présence et de lenteur qui transforme complètement l’expérience.
Ce qui pour nous, avec nos corps à la midlife, notre SMUG* qui s’est installé, avec cette libido qui a changé de forme, change absolument tout.
Parce que tu vois le problème avec la sexualité qu’on nous a vendue ?
Elle demande une mécanique que nos corps n’ont plus forcément envie de suivre. Elle demande de la vitesse quand on a besoin de lenteur. Elle demande de la performance quand on a besoin de présence. Elle demande un objectif quand on a besoin de ne pas en avoir.
Le slow sex c’est comme si quelqu’un avait regardé le corps féminin à la midlife et avait dit: ok, et si on construisait une sexualité qui correspond vraiment à ça ?
Pas une sexualité au rabais parce qu’on n’est plus capables de faire. Une sexualité différente. Plus subtile. Plus riche. Plus honnête.
Et pour lui là-dedans ?
Parce que oui, le slow sex c’est aussi une réponse à ces petites pannes techniques dont on parlait dans une de mes newsletters.
Quand la pression de performance disparaît, quand il n’y a plus d’objectif, plus de chrono, plus de case à cocher, quelque chose se détend. Des deux côtés. Et paradoxalement c’est souvent dans cette détente-là que quelque chose de nouveau devient possible.
Le slow sex demande aux hommes de sortir eux aussi du modèle qu’on leur a vendu. Ce n’est pas forcément naturel pour eux au début. Certains vont trouver ça bizarre — c’est quoi encore ce truc — et c’est normal. Mais ceux qui acceptent de ralentir découvrent souvent quelque chose qu’ils n’avaient jamais vraiment expérimenté non plus.
La connexion. La présence. L’autre.
Je ne vais pas te donner un mode d’emploi.
Pas parce que je ne veux pas, mais parce que le slow sex n’est pas une technique. C’est une façon d’être. Ça ne s’apprend pas en lisant une liste de conseils. Ça s’explore. À son rythme. A deux. Avec curiosité. Sans pression.
Ce que je veux juste te laisser avec aujourd’hui c’est une idée.
Et si la meilleure sexualité de ta vie n’était pas derrière toi ?
Et si elle était juste... plus lente ?
*SMUG: Syndrome Génito-Urinaire de la ménopause
La semaine prochaine, on parle de celles qui ont décidé de “fermer boutique”. Et de pourquoi c’est peut-être la décision la plus subversive qu’une femme puisse prendre à la midlife.
Con amor,Sylvie 🌺

































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