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Bienvenue au club des Josiane!

  • il y a 6 jours
  • 2 min de lecture

Non, ce n’était pas un cheveu égaré, qui te chatouillait le visage. C’était lui. LE poil du menton !


Au début, on reste zen. On tire ce poil solitaire avec la nonchalance de quelqu'un qui maîtrise encore la situation. Réglé, pense-t-on. Sauf qu'il revient. Et là, on découvre son vrai super-pouvoir : il ne pousse pas, il se téléporte. Epilée le matin, et à 14h il est déjà là, fier, qui salue le vent comme s'il n'était jamais parti. Plus rapide qu'un plan de bambou. Et cette fois, il a ramené des copains.


Et là, une image remonte, malgré nous, du fond de l’enfance : la grande-tante qu’on embrassait à reculons à Noël, parce que ça piquait. La sorcière des dessins animés avec sa verrue poilue. On se disait, petites, que c’étaient des personnages. Pas des femmes. Encore moins nous, cette femme moderne qui fait du yoga et prend soin d’elle. Qui mange bien, qui médite, qui a payé pour ce sérum à la vitamine C. On s'était dit, sans se l'avouer vraiment, que tout ce travail sur nous-mêmes nous mettrait à l'abri. Que le poil au menton, c'était un truc de « femmes qui ne s'entretiennent pas ». Une punition réservée aux autres. Mais voilà, à la pré-ménopause on a moins d’œstrogènes, un peu de testostérone qui refuse de rendre les armes, et hop, on se découvre une pilosité de bûcheron.


Le pire, c’est qu’on nous avait vendu ça comme un cadeau. Moins de poils à la ménopause, disait-on. Sauf que, pendant que le menton ouvre boutique, le pubis liquide son stock. Il paraît que dans la nature, tout s'équilibre. Personne n'avait précisé que ce serait à ce point-là un jeu de chaises musicales capillaires…


Alors on s’équipe de la pince à épiler de combat, celle qui dort sur la table de chevet, qui traîne dans le sac à main ou encore le super-mega miroir grossissant qui n’a aucune pitié, ni pour ces squatters ni pour notre double menton. Pour le reste, il y a des options plus définitives: les méthodes à haute fréquence pour les petites zones du visage, plutôt indolores. On évite en revanche le rasoir sur cette zone, mauvaise idée…

Mais l’arme la plus efficace, la vraie, c’est d’en rire à plusieurs. Le jour où tu découvres que ta copine, ta voisine et la boulangère mènent exactement le même combat contre le même fil de fer rebelle, tu rejoins sans le savoir le club des Josiane. Et dans ce club-là, on ne juge pas. On compare les techniques, on se refile les bonnes pinces, et on se sent tout de suite beaucoup moins seule dans cette jungle hormonale.

Con Amor

Sylvie


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