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Saga de l'été: Épisode 5 — Sexualité assumée et sans tabou l'été:

  • il y a 2 jours
  • 4 min de lecture


Laisse-moi te poser une question.

Quand tu étais petite, qu’est-ce qu’on t’a appris sur le sexe ?

Probablement les bases biologiques. Peut-être une conversation gênée avec ta mère. Peut-être rien du tout. Peut-être juste ce qu’on t’a laissé deviner à travers les films, les magazines, les blagues des garçons dans la cour de récré.


Mais est-ce que quelqu’un t’a parlé du plaisir féminin ? De ton corps comme source de jouissance ? De ta sexualité comme quelque chose de beau, de naturel, qui t’appartient?

Je pense qu’on connaît toutes la réponse.


Ce qu’on nous a appris subtilement, insidieusement, c’est que la sexualité c’est pour les hommes.

Notre rôle à nous ? Donner du plaisir. Être disponibles. Satisfaire. Et si possible sans trop en demander en retour.


L’aboutissement absolu de la chose ? Le coït. Évidemment. Parce que c’est ce qui le satisfait lui. Et notre plaisir à nous, dans cette équation, n’avait pas vraiment de place.

Et on n’a jamais remis ça en question. Parce que c’était la norme. Parce que tout le monde faisait pareil. Parce qu’on ne savait pas que ça pouvait être autrement.


Alors quand une femme ose dire qu’elle aime le sexe vraiment, librement, sans s’excuser elle passe pour quoi ?

On connaît toutes les mots qu’on utilise pour ces femmes-là. Je ne vais pas les écrire ici mais on les connaît. L’archétype de la prostituée n’est jamais très loin. Le regard qui juge. Le doigt qui pointe.


J’ai une image qui me revient souvent: ces femmes qu’on a tondues à la Libération parce qu’elles avaient aimé un Allemand. Pour ce qu’elles avaient osé faire, ressentir. Pour avoir choisi leur désir plutôt que la norme.

La société n’a jamais vraiment pardonné aux femmes d’aimer le sexe pour elles-mêmes.

Et on a intégré ça. Profondément. Au point de brider notre propre sexualité par peur d’être jugées, montrées du doigt, mal vues.


Alors on a fait comme si.

Comme si ça n’avait pas d’importance. Comme si notre plaisir était secondaire. Comme si le plus important c’était que lui soit satisfait. Ou alors on a totalement bridé notre plaisir par honte.

Et notre corps, ce corps qu’on n’a jamais vraiment appris à connaître, on l’a laissé de côté. Ses zones de plaisir. Ses besoins. Ses secrets.


Une cliente m’a confié quelque chose qui m’a touchée profondément.

Elle m’a dit qu’à la midlife, après des années à donner, à faire semblant, à se plier à une sexualité qui n’était pas vraiment la sienne, elle a décidé de tout remettre à plat.

Elle a commencé par accepter son corps tel qu’il est. Pas le corps d’avant. Pas le corps des magazines. Le sien. Avec ses rondeurs nouvelles, ses rides, sa transformation et sa ménopause. Ce corps que la société avait déjà rayé de la carte du désir, comme si après 50 ans une femme n’avait plus le droit d’éprouver du plaisir.

Elle a lâché les injonctions. Cette voix intérieure qui lui disait qu’une femme bien ne pense pas trop au sexe. Que vouloir faire l’amour c’est vulgaire. Qu’il faut être raisonnable.

Et elle a appris à se connaître. D’abord seule. En explorant son propre corps sans pression, sans objectif, sans personne pour juger. En trouvant ses zones de plaisir. En découvrant ce fameux point G dont personne ne lui avait jamais vraiment parlé.

Et là, pour la première fois de sa vie, elle a compris ce que c’est que jouir vraiment.


Le point G — parlons-en.

Parce que c’est un des grands mystères de la sexualité féminine. Certains disent qu’il existe. D’autres qu’il n’existe pas. Les scientifiques se disputent encore. Mais quand on l’a trouvé on ne doute plus une seconde qu’il existe bel et bien.


Ce qu’on sait, c’est qu’il se situe sur la paroi antérieure du vagin, à quelques centimètres de l’entrée. Une zone un peu plus texturée, plus sensible. Qui pour certaines femmes — pas toutes, et c’est parfaitement normal — peut être une source de plaisir intense.

Ce qu’on sait aussi, c’est que la grande majorité des femmes ne l’ont jamais trouvé. Pas parce qu’il n’existe pas. Parce qu’on ne leur a jamais dit de chercher. Parce qu’une sexualité centrée sur la pénétration rapide ne laisse pas vraiment le temps ni l’angle pour l’explorer.


Le slow sex dont on parlait il y a deux semaines, et la connaissance de son propre corps, c’est exactement ce qui crée les conditions pour cette découverte.

Et quand on sait, on peut guider. Prendre la main de son partenaire. Lui montrer. Lui dire. Transformer une sexualité qu’on subissait en une sexualité qu’on choisit.

Ces femmes me disent toutes la même chose.

Que depuis qu’elles ont lâché tous les tabous, toutes leurs peurs du “qu’en dira-t-on”, qu’elles se sont réconciliées avec leur corps et leur désir, qu’elles osent assumer leur sexualité sans honte quitte à passer pour des femmes légères, elles ne se sont jamais senties aussi bien dans leur corps, dans leur vie et dans leur tête.


Elles ont compris que leur plaisir leur appartient. Que leur corps leur appartient. Que leur sexualité leur appartient.

Et que personne, ni le patriarcat, ni la société, ni l’archétype de la bonne épouse, n’a le droit de décider à leur place ce qu’elles ont le droit de ressentir.


Et toi ?

Est-ce que tu te reconnais dans tout ça ? Dans cette sexualité qu’on t’a appris à mettre de côté ? Dans ce corps que tu n’as peut-être jamais vraiment exploré ?

La midlife c’est peut-être le meilleur moment pour commencer.


P.S. La semaine prochaine, un épisode bonus. On parlera de masturbation. De clitoris. Et de pourquoi la morale bien-pensante a tout fait pour nous convaincre que c’était mal. Prépare-toi. 


Con Amor

Sylvie

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