Saga de l'été: Épisode 4 — Fermer boutique

Je suis tombée sur un article qui parle de femmes ménopausée ou pré-ménopausée, qui ont choisi l’abstinence sexuelle. Et ma première réaction a été : Tiens, pourquoi elles ont décidé ça ?
Ça me semblait triste. Un renoncement. Une façon polie de dire que c’était terminé. Comme fermer boutique définitivement et coller un panneau “fin de bail” sur la porte. Comme si à la midlife, le sexe c’était plus vraiment pour nous. Comme si on mettait la clé sous le paillasson sans même savoir qu’on pouvait en garder un double.
Et puis j’ai compris que ces femmes ne mettaient pas la clé sous le paillasson du tout.
Elles avaient juste décidé que ce feu-là, elles le garderaient pour elles.
Parce que fermer boutique, quand c’est un choix, ce n’est pas une fin.
C’est une redistribution.
Dans à peu près toutes les traditions spirituelles de la planète — et je dis bien toutes — il existe une idée fondamentale : l’énergie sexuelle est la force vitale la plus puissante qu’on porte en soi. C’est elle qui crée la vie.
Et cette énergie-là on peut la dépenser ou on peut la transformer.
Les taoïstes appellent ça le jing. Les yogis parlent d’ojas. En kundalini — mon terrain de jeu — c’est cette énergie lovée à la base de la colonne qui attend de monter pour devenir puissance créatrice, intuition, feu intérieur.
Je sais. Ça commence à sonner un peu ésotérique. Reste avec moi encore deux minutes, je te promets qu’il y a du rosé à la fin.
Les Vestales romaines, tu te souviens de ces prêtresses gardiennes du feu sacré de Rome ?
Pendant longtemps j’ai vu leur chasteté comme une injustice. Une privation imposée par des hommes à des femmes.
Mais en y regardant de plus près, leur chasteté n’était pas une privation. C’était une arme.
Ces femmes avaient compris quelque chose que peu de gens comprennent encore aujourd’hui : l’énergie sexuelle est la force créatrice la plus puissante qui soit. Et quand on choisit de ne pas la disperser, quand on la retient, quand on la fait monter, elle se transforme en quelque chose d’autre.
En puissance. En rayonnement. En feu.
Les Vestales étaient les femmes les plus redoutées et les plus respectées de Rome. Pas malgré leur chasteté. Grâce à elle. Les généraux s’inclinaient sur leur passage. Les condamnés à mort étaient graciés si elles croisaient leur chemin.
Elles n’avaient renoncé à rien. Elles s’étaient choisies.
Et à la midlife, quelque chose de fascinant se passe. (Non, personne ne va s’incliner devant toi)
Cette énergie qui ne cherche plus à se reproduire ne disparaît pas. Elle se transforme. Elle monte. Elle cherche une autre sortie: Ce projet qui te tient éveillée la nuit. Cette créativité qui déborde. Cette femme que tu es en train de devenir et qui a besoin de toute ta flamme.
Les mystiques appelaient ça la ménopause initiatique. Le passage de celle qui donne la vie à celle qui EST la vie.
On ne perd rien. On se transforme.
Et je veux être claire sur un truc.
Fermer boutique — dans le sens dont je parle — ce n’est pas rejeter son corps. Ce n’est pas se punir du plaisir. Ce n’est pas du puritanisme déguisé en sagesse spirituelle.
C’est choisir librement, joyeusement, parfois juste pour cette saison, de garder cette flamme pour soi. Pas parce qu’on a peur. Pas parce qu’on doit. Mais parce qu’on a d’autres feux à alimenter.
Pas ce soir. Pas ce mois-ci. Le temps de se retrouver. De se recharger. De se rappeler qui on est en dehors du regard de l’autre.
Parce qu’il y a des femmes à la midlife qui ont fait ce choix consciemment, sereinement et qui ont quelque chose dans le regard qui ne s’explique pas.
Pas éteintes. Pas tristes. Pas résignées.
Entières.
Comme si elles avaient arrêté de chercher à l’extérieur ce qu’elles avaient enfin trouvé à l’intérieur.
La boutique est fermée. Mais le feu, lui, brûle plus fort que jamais.
Et toi, est-ce que ce concept te parle ? Dis-moi en commentaire.
La semaine prochaine, c’est déjà le dernier épisode de la saga (avant un bonus surprise)
Celles qui ont choisi l’exact opposé. Qui ont trouvé leurs point G. Qui assument leur sexualité sans s’excuser. Et qui se foutent royalement de ce que la société pense de ça.
Con amor,Sylvie 🌺

































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