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Ménopause: Comment il s'appelle déjà?!!

il y a 4 jours
3 min de lecture


Il y a quelques semaines: dîner entre copines.

Vin rosé. Tapas. Bonne humeur. Le genre de soirée parfaite où on refait le monde jusqu’à minuit.

Et puis l’une d’entre nous commence une phrase :

“Tu sais, cet acteur… celui qui joue dans ce film… avec l’autre actrice… comment elle s’appelle déjà… la brune… mais oui… tu vois qui je veux dire !”

Silence autour de la table.

Cinq femmes intelligentes, cultivées, brillantes, qui plissent les yeux en même temps. Qui claquent des doigts comme si ça allait débloquer quelque chose. Qui regardent le plafond comme si le prénom était écrit là-haut.

“Attends… ça commence par un J… ou un M… non un J je crois…”“C’est pas celui qui était dans… comment ça s’appelait ce film déjà ?”“Ah oui ! Avec la musique de… mince je l’ai sur le bout de la langue !”

Vingt minutes plus tard Google a sauvé la soirée.


Et ce n’est pas que dans les soirées entre copines que ça se passe.

Il y a aussi la cave.

Tu descends chercher un paquet de pâtes. Tu remontes avec le linge de la buanderie, le vélo de ton fils et une boîte de décorations de Noël. Et c’est en posant tout ça sur la table de la cuisine que tu réalises que les pâtes sont toujours en bas.

Bon. Ça va. Tu râles. Tu redescends.

Mais il y a le niveau supérieur.

Celui où tu descends à la cave et là. Black out total. Tu es au bas de l’escalier. Tu regardes autour de toi. Tu n’as absolument plus aucune idée de pourquoi tu es là. Aucune. Comme si quelqu’un avait appuyé sur le bouton “OFF” entre la première et la dernière marche.

Tu remontes. Tu t’assois. Tu essaies de retracer tes pas mentalement.

Vingt minutes plus tard — en faisant complètement autre chose — tu te souviens.

Les pâtes !


Et puis il y a les objets.

Les lunettes qu’on cherche pendant dix minutes et qui sont sur la tête. Le téléphone qu’on cherche en tenant le téléphone. Les clés qu’on avait dans la main il y a littéralement trente secondes et qui ont décidé de rejoindre une dimension parallèle.

On retrace ses pas. On fouille les poches. On soulève les coussins du canapé. On regarde dans le frigo, parce qu’à ce stade plus rien ne nous surprend vraiment.

Et immanquablement c’est quelqu’un d’autre qui les trouve. À l’endroit le plus évident du monde. Là où on avait regardé en premier.

On ne dit rien.On prend les clés.On sort dignement.


Ce que personne ne dit à voix haute.

On rit. On se moque de nous-mêmes. On lève nos verres à nos mémoires défaillantes.

Mais derrière ce fou-rire, il y a souvent une petite voix silencieuse qui pose une question qu’on n’ose pas formuler à voix haute :

“Est-ce que c’est normal ?”“Est-ce que je perds vraiment la mémoire ?”“Est-ce que c’est le début de quelque chose de grave ?” 

Et cette question-là, on la garde pour soi. Parce qu’on a peur de la réponse. Ou peur de paraître dramatique. Ou peur que les autres pensent qu’on exagère.

Alors on rit encore un coup et on change de sujet.


La bonne nouvelle.

Ce que tu vis a un nom. Et ce nom n’est pas Alzheimer.

C’est le brouillard cérébral de la ménopause ou brain fog pour les intimes.

Et c’est réel, documenté, et surtout temporaire pour la plupart d’entre nous.

Les fluctuations hormonales de la pré-ménopause et de la ménopause — notamment la baisse des œstrogènes — affectent directement la mémoire à court terme, la concentration et la rapidité de traitement de l’information.

Autrement dit ce n’est pas ta mémoire qui flanche… (me souviens plus très bien….Pa dou dou di dou da dou di)

Ce sont tes hormones qui jouent avec elle.


Ce qui aide vraiment.

  1. Le sommeil d’abord. Quand les hormones perturbent le sommeil elles perturbent aussi la mémoire. Les deux sont intimement liés.

  2. Le mouvement ensuite: marcher, danser, bouger le corps oxygène le cerveau et aide vraiment.

  3. Et paradoxalement: le rire. Ces soirées entre copines où on cherche le prénom pendant vingt minutes, elles font du bien au cerveau autant qu’à l’âme. La connexion sociale protège la mémoire.

Donc continue tes dîners entre copines! c’est prescrit!


Et puis il y a quelque chose de beau là-dedans.

Ces conversations où on tourne autour du mot sans le trouver, où on se regarde toutes avec le même sourire complice, où on finit par éclater de rire parce que personne ne s’en souvient.

Ce sont ces moments-là qui font les vraies amitiés.

Pas les conversations parfaites. Pas les mémoires infaillibles. Mais ce fou-rire partagé à minuit autour d’un verre, en cherchant le nom de cet acteur… comment il s’appelle déjà…


Con amor,

Sylvie 🌸


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