Ménopause: Le SGUM, c'est quoi ce truc!!!???

La première fois que j’ai entendu ce mot, SGUM, j’étais à deux doigts de googler pour savoir si c’était une nouvelle espèce découverte en Amazonie.
Mais non.
Le SGUM, Syndrome Génito-Urinaire de la Ménopause, c’est le nom médical donné à tout ce qu’on vit en silence depuis que les œstrogènes se sont fait la malle.
Et la liste peut être longue.
Les fuites urinaires.
On ne va pas faire semblant que ça n’existe pas.
30 à 40% des femmes ménopausées en souffrent. Et la plupart font semblant que non. On adapte. On anticipe. On repère les toilettes en entrant dans un endroit comme d’autres repèrent les sorties de secours.
La miction impérieuse. Ce n’est pas forcément une envie urgente qui arrive de nulle part. C’est plus sournois que ça. Tu rentres chez toi normalement. La clé encore dans la serrure. Le manteau pas encore enlevé. Le pantalon boutonné. Et les premières gouttes sont déjà là.
Ça a un nom : le syndrome du paillasson. Ou “de la clé dans la serrure”. Ton cerveau a associé ta porte d’entrée aux toilettes, comme le chien de Pavlov avec sa cloche. Sauf que toi, c’est ton pantalon qui trinque.
L’incontinence d’effort. Un éternuement. Une toux. Un fou-rire incontrôlable entre copines. Un carton un peu trop lourd. Et hop. Le corps décide tout seul. Sans te consulter. Sans prévenir.
On apprend à éternuer différemment. On croise discrètement les jambes avant de tousser. On devient des expertes en gestion préventive.
Les nuits. Deux fois par nuit, sans exception. Peu importe ce qu’on a bu avant de dormir. Et le problème, ce n’est pas tant de se lever, c’est de se rendormir après. Parce qu’au moment où la tête touche l’oreiller, le mental décide que c’est le moment idéal pour organiser le menu du repas des invités du samedi. Et tout ça à 6h00 du matin, une heure avant l’heure prévue du réveil, pour un dîner dans cinq jours.
Les infections urinaires à répétition.
Celles qu’on traite. Qu’on re-traite. Qui reviennent. Encore.
Ce n’est pas une malchance. Ce n’est pas un manque d’hygiène. D’ailleurs, se laver trop souvent aggrave les choses plutôt qu’autre chose.
C’est la chute des œstrogènes qui modifie l’équilibre de la flore vaginale et urinaire. Les tissus s’amincissent. Les bactéries trouvent un terrain plus favorable.
Résultat : des cystites qui reviennent en boucle. Qu’on finit par reconnaître au premier signe. Et pour lesquelles on a toujours une boîte d’antibiotiques quelque part au fond du tiroir, juste au cas où.
La sécheresse vaginale.
Tu sais ce que c’est, des lèvres gercées en plein hiver ? Ça tire. Ça pique. Ça brûle au moindre contact. Tu as beau mettre du baume toute la journée, ça revient.
Maintenant, imagine la même chose, mais ailleurs.
C’est exactement ce qui se passe. La chute des œstrogènes assèche les muqueuses. Les parois vaginales s’amincissent, perdent leur élasticité. Et avec ça : brûlures, picotements, irritations, inconfort, douleurs pendant les rapports. On a l’impression d’avoir un cactus dans la culotte…
Un sujet dont on parle encore moins que les fuites. Et pourtant, 7 femmes sur 10 après 50 ans.
Un seul fil rouge.
Les fuites, les nuits hachées, les cystites, la sécheresse. On les vit chacune dans son coin, comme si c’étaient des problèmes sans rapport.
Ils viennent tous du même endroit : la chute des œstrogènes.
Et contrairement aux bouffées de chaleur, qui finissent par s’atténuer, ça ne s’arrange pas tout seul. Ça s’aggrave si on ne s’en occupe pas.
Ce n’est pas une fatalité. Ce n’est pas une honte. C’est traitable.
Les solutions, et il y en a vraiment.
Ces informations sont des pistes à explorer avec ton médecin, pas des prescriptions. Chaque situation est différente.
Pour les fuites urinaires :
Les exercices de Kegel : contracter et relâcher le périnée. À faire partout. En réunion. Dans la file du supermarché. Personne ne le voit.
La rééducation périnéale : avec un physio ou une sage-femme spécialisée. Souvent remboursée. Vraiment efficace.
L’électrostimulation : une sonde vaginale qui rééduque les muscles en douceur. Moins glamour que ça en a l’air, mais ça marche.
Le laser vaginal : stimule le collagène, raffermit les tissus.
Les injections d’acide hyaluronique péri-urétrales : pour renforcer le soutien de l’urètre, pratiquées par un médecin spécialisé.
Les traitements hormonaux locaux : à évaluer avec ton médecin selon ta situation.
Pour la sécheresse vaginale et les infections :
Les lubrifiants : pour le confort immédiat.
Les hydratants vaginaux : à utiliser régulièrement, plusieurs fois par semaine. Pas seulement avant les rapports.
Les ovules d’acide hyaluronique : hydratent et cicatrisent la muqueuse vaginale. Une alternative intéressante pour celles qui ne peuvent ou ne souhaitent pas prendre d’hormones.
Les injections d’acide hyaluronique : réalisées au cabinet par un médecin formé, avec anesthésie locale. Ça dure une dizaine de minutes, l’effet tient plusieurs mois, et il faut les renouveler. Ce n’est pas remboursé et le recul scientifique est encore limité, donc c’est une piste à discuter, pas un premier réflexe.
Le laser vaginal : régénère les tissus, restaure l’équilibre de la flore et réduit les infections récurrentes.
Les œstrogènes locaux : crème ou ovule vaginal. Très efficaces sur la sécheresse et les infections. À évaluer avec ton médecin.
Ce que je voudrais qu’on se dise.
On souffre en silence de choses qui ont un nom, une cause connue, et des traitements efficaces.
On minimise chez le médecin. On fait comme si ça n’existait pas.
Mais ça existe. Et on mérite d’en parler, et d’être prises en charge.
Si ton médecin balaie ça d’un revers de main, c’est peut-être le moment d’en chercher un autre.
Et toi, tu en parles à ton médecin ? Ou tu fais partie du club des “ça va ça va” ?
Con amor,
Sylvie 🌸

































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